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Jocari (latin iocari s’amuser, iocus jeu)

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Hérodote, Histoire, Livre I, 114
 

Cyrus, enfant, joue au roi avec d'autres enfants (Ve siècle avant J.-C.)

Texte

114. Καὶ ὅτε ἦν δεκαέτης ὁ παῖς, πρῆγμα ἐς αὑτὸν τοιόνδε γενόμενον ἐξέφηνέ μιν. Ἔπαιζε ἐν τῇ κώμῃ ταύτῃ ἐν τῇ ἦσαν καὶ αἱ βουκολίαι αὗται, ἔπαιζε δὲ μετ᾽ ἄλλων ἡλίκων ἐν ὁδῷ. Καὶ οἱ παῖδες παίζοντες εἵλοντο ἑωυτῶν βασιλέα εἶναι τοῦτον δὴ τὸν τοῦ βουκόλου ἐπίκλησιν παῖδα. [2] Ὁ δὲ αὐτῶν διέταξε τοὺς μὲν οἰκίας οἰκοδομέειν, τοὺς δὲ δορυφόρους εἶναι, τὸν δέ κου τινὰ αὐτῶν ὀφθαλμὸν βασιλέος εἶναι, τῷ δὲ τινὶ τὰς ἀγγελίας φέρειν ἐδίδου γέρας, ὡς ἑκάστῳ ἔργον προστάσσων. [3] Εἷς δὴ τούτων τῶν παίδων συμπαίζων, ἐὼν Ἀρτεμβάρεος παῖς ἀνδρὸς δοκίμου ἐν Μήδοισι, οὐ γὰρ δὴ ἐποίησε τὸ προσταχθὲν ἐκ τοῦ Κύρου, ἐκέλευε αὐτὸν τοὺς ἄλλους παῖδας διαλαβεῖν, πειθομένων δὲ τῶν παίδων ὁ Κῦρος τὸν παῖδα τρηχέως κάρτα περιέσπε μαστιγέων. [4] Ὁ δὲ ἐπείτε μετείθη τάχιστα, ὡς γε δὴ ἀνάξια ἑωυτοῦ παθών, μᾶλλόν τι περιημέκτεε, κατελθὼν δὲ ἐς πόλιν πρὸς τὸν πατέρα ἀποικτίζετο τῶν ὑπὸ Κύρου ἤντησε, λέγων δὲ οὐ Κύρου (οὐ γάρ κω ἦν τοῦτο τοὔνομα), ἀλλὰ πρὸς τοῦ βουκόλου τοῦ Ἀστυάγεος παιδός. [5] Ὁ δὲ Ἀρτεμβάρης ὀργῇ ὡς εἶχε ἐλθὼν παρὰ τὸν Ἀστυάγεα καὶ ἅμα ἀγόμενος τὸν παῖδα ἀνάρσια πρήγματα ἔφη πεπονθέναι, λέγων « Ὦ βασιλεῦ, ὑπὸ τοῦ σοῦ δούλου, βουκόλου δὲ παιδὸς ὧδε περιυβρίσμεθα, » δεικνὺς τοῦ παιδὸς τοὺς ὤμους.

115. Ἀκούσας δὲ καὶ ἰδὼν Ἀστυάγης, θέλων τιμωρῆσαι τῷ παιδὶ τιμῆς τῆς Ἀρτεμβάρεος εἵνεκα, μετεπέμπετο τόν τε βουκόλον καὶ τὸν παῖδα. Ἐπείτε δὲ παρῆσαν ἀμφότεροι, βλέψας πρὸς τὸν Κῦρον ὁ Ἀστυάγης ἔφη [2] « Σὺ δὴ ἐὼν τοῦδε τοιούτου ἐόντος παῖς ἐτόλμησας τὸν τοῦδε παῖδα ἐόντος πρώτου παρ᾽ ἐμοὶ ἀεικείῃ τοιῇδε περισπεῖν; » ὁ δὲ ἀμείβετο ὧδε. « Ὦ δέσποτα, ἐγὼ ταῦτα τοῦτον ἐποίησα σὺν δίκῃ. Οἱ γάρ με ἐκ τῆς κώμης παῖδες, τῶν καὶ ὅδε ἦν, παίζοντες σφέων αὐτῶν ἐστήσαντο βασιλέα· ἐδόκεον γὰρ σφι εἶναι ἐς τοῦτο ἐπιτηδεότατος. [3] οἱ μέν νυν ἄλλοι παῖδες τὰ ἐπιτασσόμενα ἐπετέλεον, οὗτος δὲ ἀνηκούστεέ τε καὶ λόγον εἶχε οὐδένα, ἐς ὃ ἔλαβὲ τὴν δίκην. Εἰ ὦν δὴ τοῦδε εἵνεκα ἄξιός τευ κακοῦ εἰμί, ὅδε τοὶ πάρειμι. »

Traduction
CXIV. Cet enfant, étant âgé de dix ans, eut une aventure qui le fit reconnaître. Un jour que, dans le village où étaient les troupeaux du roi, il jouait dans la rue avec d'autres enfants de son âge, ceux-ci l'élurent pour leur roi, lui qui était connu sous le nom de fils du bouvier. Il distribuait aux uns les places d'intendants de ses bâtiments, aux autres celles de gardes du corps ; celui-ci était l'oeil du roi, celui-là devait lui présenter les requêtes des particuliers : chacun avait son emploi, selon ses talents et le jugement qu'en portait Cyrus. Le fils d'Artembarès, homme de distinction chez les Mèdes, jouait avec lui. Ayant refusé d'exécuter ses ordres, Cyrus le fit saisir par les autres enfants, et maltraiter à coups de verges. On ne l'eut pas plutôt relâché, qu'outré d'un traitement si indigne de sa naissance, il alla à la ville porter ses plaintes à son père contre Cyrus. Ce n'est pas qu'il lui donnât ce nom, Cyrus ne le portait point encore ; mais il l'appelait le fils du bouvier d'Astyages. Dans la colère où était Artembarès, il alla trouver le roi avec son fils, et se plaignit du traitement odieux qu'il avait reçu. « Seigneur, dit-il, en découvrant les épaules de son fils, c'est ainsi que nous a outragés un de vos esclaves, le fils de votre bouvier. »

CXV. A ce discours, à cette vue, Astyages, voulant venger le fils d'Artembarès, par égard pour le père, envoya chercher Mitradates et son fils. Lorsqu'ils furent arrivés : « Comment, dit le prince à Cyrus en le regardant, étant ce que tu es, as-tu eu l'audace de traiter d'une manière si indigne le fils d'un des premiers de ma cour ? - Je l'ai fait, seigneur, avec justice, répondit Cyrus. Les- enfants du village, du nombre desquels il était, m'avaient choisi en jouant pour être leur roi ; je leur en paraissais le plus digne : tous exécutaient mes ordres. Le fils d'Artembarès n'y eut aucun égard, et refusa de m'obéir. Je l'en ai puni : si cette action mérite quelque châtiment, me voici prêt à le subir.

Texte et traduction, numérisés par François-Dominique Fournier :
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/clio.htm
d'après la traduction de Larcher (avec des notes de Bochard, Wesseling, Scaliger [et al.] Paris : Charpentier, 1850) et le texte grec : ed. A. D. Godley. Cambridge, 1920.

Datation
Ve siècle avant J.-C.

Auteur
Hérodote, en grec ancien Ἡρόδοτος (Halicarnasse en Carie, 480 avant J.-C. – Thourioi, vers 425 av. J.-C.), historien et géographe grec considéré comme le premier historien et surnommé le « Père de l’Histoire » par Cicéron.

Extrait de
Hérodote, Ἱστορία, I, 114

 
     
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